Les statues du Vigan

< Chevalier d’Assas (1733- 1760)
Place d’Assas.
Louis d’Assas du Mercou sert très jeune dans le régiment d’Auvergne où il fait preuve, à maintes occasions, de génie militaire : guerre de la Succession d’Autriche (1747-1748), Crosdorff (1755), Eissembeck (1755)… Il meurt, en Westphalie, pendant la guerre qui oppose les Anglo-Hollandais et Hanovriens à l’armée française. Les témoignages sur les circonstances de sa mort diffèrent, néanmoins, celle-ci semble conduire les régiments français à la victoire.
Dans son ouvrage Le Vigan à travers les siècles, Pierre Gorlier relate les différents récits de cette bataille. Nous vous citons ci-dessous celle rapportée dans le journal historique du régiment d'Auvergne.
« D'Assas était aux avant-postes, avec ses quatre compagnies de chasseurs. La nuit arrive. L'ennemi s'avance, et à tous les « Qui vive » des sentinelles françaises, répond : « Fisher », nom d'un des corps de notre armée. Des soldats français, un capitaine même, trompés et encerclés, sont fait prisonniers.
D'Assas, qui veillait à la tête des chasseurs, entre à son tour dans un bois pour le fouiller. Des grenadiers anglais l'entourent, le saisissent, et, croisant leurs baïonnettes sur sa poitrine lui disent que s'il dit un seul mot, il est mort. D'Assas se recueille un instant, puis s'écrie d'une voix forte : « A moi, Auvergne, ce sont les ennemis ! » Il tombe aussitôt, percé de coups, mais les chasseurs du régiment, puis le régiment d'Auvergne tout entier, puis les autres corps de l'armée accourent et les Anglo-Hollandais, après avoir laissé 4 000 hommes sur le terrain, laissent les français maîtres du champ de bataille. Le Régiment d'Auvergne avait perdu dans le combat la moitié de son effectif et avait eu 58 officiers tués ou blessés. »
 
 
< Sergent Triaire (1771-1799)
Place Quatrefages de la Roquette, devant l’Hôtel de Ville.
Âgé de 17 ans, Pierre Triaire s’engage dans l’artillerie du régiment de Bourgogne. En 1793, il fait partie des troupes de l’armée de la Convention. En 1796, il est nommé sergent de cannoniers. Son unité embarquée pour l’Égypte, Pierre Triaire participe à la bataille des Pyramides et, en 1798, à la prise du Caire.
En décembre 1799, le sergent Triaire est nommé responsable du magasin à poudre du Fort El Arish. Assiégés par les Turcs, les troupes françaises sont prêtes à se rendre. Le sergent Triaire décide alors de s'enfermer dans le magsin à poudre qu'il fait sauter. Il meurt lors de l'explosion comme l'ennemi.
 
 
 
 
 
< Révérend père Emmanuel Daudé d’Alzon (1810-1880)
Façade de l’Hôtel de la Condamine ou maison des Orantes, 13 av. Emmanuel d’Alzon.
La famille d’Emmanuel d’Alzon appartient à la bonne société viganaise. Emmanuel d’Alzon grandit entre Le Vigan et le domaine de Lavagnac, près de Lodève dans l’Hérault. Il fait ses études à Paris puis entre au Séminaire de Montpellier en 1832.
En 1834, il est ordonné prêtre.
En 1836, il est nommé vicaire général par Monseigneur de Chaffoy, évêque de Nîmes.
En 1844, il dirige le collège de l’Assomption, collège accueillant les enfants de l’aristocratie.
En 1850, il crée la congrégation des Augustins de l’Assomption. Les Pères ont en charge l'éducation d'enfants pauvres qui ne peuvent entrer au Séminaire.
En 1865, le Pape Pie IX encourage le père Emmanuel d’Alzon à créer une congrégation de l’Assomption en Orient. La congrégation des Oblates de l’Assomption, vouée aux missions lointaines, est alors fondée par le Père pour répondre à cette demande.
Pour diffuser ses idées sur sa foi catholique et sur la liberté de l’enseignement, il utilise la presse.
Le père E. d’Alzon est ainsi à l'origine de plusieurs revues : Revue de l’enseignement chrétien (1871), Le Pèlerin (1873) et le journal La Croix (1879).
 
< Chef Marceau, Marcel Bonnafous (1910-1944)
Plaque posée à l’extrémité ouest de la place du Quai.
Depuis cette plaque, sur votre droite, la rue qui monte vers la promenade des Châtaigniers porte le nom de « rue du Chef Marceau ».
Pendant la période d’Occupation, des maquis se constituent dans les montagnes cévenoles. Plusieurs groupes fusionnent en juin 1944 pour former le maquis Aigoual installé à l’Espérou. Le 10 août 1944, les chefs du maquis de l’Aigoual décident d’attaquer les troupes allemandes cantonnées dans la ville de Le Vigan. Le chef Marceau, qui commande alors le corps franc, est mortellement blessé par une rafale de mitraillette lors de l’attaque.
En 1945, une plaque à son effigie est placée à l’entrée de la rue qui porte désormais son nom.